« Le cinéma africain, tel qu’ils l’aiment ici………… »

2 mars 2015

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Il y a en encore quelques jours, « le cinéma africain » était porté en triomphe au théâtre du châtelet lors de la quarantième cérémonie des césars, cérémonie qui récompense le meilleur du cinéma vu de France.

Cérémonie au cours de laquelle le film de l’africain   Abderramane Cissakho oui parce que  comme le cinéma africain, il y a un cinéma européen, asiatique, américain, océanien, non sans rire, pourquoi parle t-on de cinéma africain, comme si dans ce film Timbuktu, on pouvait y voir la représentation de tout le continent  africain, c’est absurde que de considérer l’Afrique comme un bloc monolithique, cette façon de vouloir englober toute la cinquante d’Etats Africains,  ces pays aussi différents les uns que les autres, avec des populations aux aspirations aussi différentes que peuvent l’être celles des pays d’Europe, d’Amérique du Nord, d’Asie ou encore de l’Océanie.

Tout au plus pourrait-on parler du triomphe du réalisateur Tchadien  ou Mauritanien, ce serait donc une belle vitrine pour son pays, avec pourquoi pas des reportages sur ses lieux de naissance,  de vie, les témoignages de ceux qui l’ont connu, de ceux qui l’ont inspiré aussi, et sait-on jamais des retombées économiques pourraient en découler, même si je n’y crois guère, mais au moins cela aurait eu le mérite de faire connaitre son pays sur la scène mondiale, au lieu de cela, on nous parle de l’Afrique, du cinéma africain.Je n’ai rien contre lui, je n’ai jamais vu un seul de ces films, mais le cinéma africain, tel qu’ils l’aiment  ici se trouve être à l’opposé du cinéma réalisé par ce monsieur et par d’autres messieurs, un cinéma pour intellos, qui à chaque fois nous ramènent loin derrière, beaucoup trop loin, avec ces paysages désertiques, ces personnages un peu niais, qui s’expriment en langue locale, pour le côté authentique j’imagine, ou lorsque les personnages s’expriment en français, celui est très approximatif, ces personnages peu enviables, personne ne souhaite s’identifier à eux.

Le cinéma doit faire rêver, doit inspirer aussi, cela passe par des représentations positives, des personnages puissants, tous les cinémas du monde produisent des personnages auxquels les  enfants que nous étions jadis avons adoré vouloir nous inspirer , en Chine, c’était Bruce Lee, Jackie Chan, et les nombreux films de kung-fu qui ont bercé mon enfance, Wang-yu, l’homme à la main d’acier, des films comme  les sept grands maitres du Shaolin, un chef-d’oeuvre du genre, qu’il m’arrive encore de regarder aujourd’hui, les Etats-Unis, c’était pour moi le Western Spaghetti de Sergio Leone, » le Bon, la Brute et le Truand », avec  un Clint Eastwood au sommet de son art, des vrais héros, les films de Chuck  Norris, Delta Force, les fims de Ninja, les Sens du Devoir  I, II, III ,IV, ah j’allais oublier les RAMBO, les Rocky, le cinéma français, pour moi c’était Jacquou le croquant, la Boom avec la belle Sophie Marceau, tous les De Funes, l’Allemagne, c’était Derrick, au Japon, il y avait des super-héros, X-OR, le shérif de l’espace, les Chevaliers du Zodiaque,  le gamin que j’étais en était fan, comme de nombreux gamins de ma génération d’ailleurs.

Des figures de héros quoi. Le seul héros connu, incarné par un noir africain, était  originaire de Côte d’Ivoire, un certain Bakary Bamba, alias « Bal poussière » le film éponyme, c’est-à dire du même nom raconte l’histoire d’un   riche cultivateur d’ananas dans un village ivoirien, Alcaly dit « Demi-dieu » celui-ci  mène une vie paisible auprès de ses cinq femmes ; jusqu’au jour où il fait la connaissance de Binta, une étudiante rebelle, renvoyée au village par sa tante qui estime que la ville lui a fait perdre la tête. Obsédé par sa jeunesse et sa beauté, il n’a plus qu’un seul objectif ; faire d’elle sa sixième épouse: « Je suis Demi-dieu, et je vais t’épouser » lui dit- il sur le ton du défi. Il réunit immédiatement ses femmes pour leur faire part de sa décision, sans qu’elles n’aient vraiment leur mot à dire « une pour chaque jour et le dimanche pour la plus méritante ». Binta refuse fermement cette union, que ses parents approuvent, poussés par la montagne de présents faite par leur futur gendre. Elle finit par accepter mais à certaines conditions, qui vont très vite mettre la concession familiale sens dessus dessous »

Un film qui a eu un certain succès populaire en Côte d’Ivoire et bien plus tard dans la sous-région avant d’arriver en Afrique centrale, l’une  des rares fois, qu’on avait des héros noirs africains, bien de chez nous, il fallait que celui-ci soit incarné par un paysan, fusse t-il riche, polygame, bref, ce demi-dieu non content d’avoir cinq épouses, s’était résolu à en épouser une sixième.Alors que X-OR passe sa vie à protéger le monde de SCAREX, lui son kiff serait de se faire une sixième meuf, non sérieux, ça va pas, moi j’aime mieux m’identifier à X-OR qu’à Bal Poussière.

L’Afrique est un continent peuplé de jeunes, ceux-ci sont tournés vers l’extérieur, aussi le « cinéma africain » très apprécié ici en Europe, ne rencontre que très peu de succès pour ne pas dire  du tout.Les raisons sont multiples, les dirigeants de nombreux Etats africains n’ont jamais jugé utile de promouvoir la culture et à fortiori le cinéma, ne faisant donc pas la part belle au cinéma local, ces jeunes d’hier comme ceux d’aujourd’hui ont tous été bercés par des productions cinématographiques venues d’ailleurs, des Western venus des Etats-Unis, des films de Kung-fu venus de Chine, des films Hindous qu’on appelait pas encore Bollywood, quelques films français, et aujourd’hui l’Internet permet de visionner toutes les productions hollywoodiennes, il y a donc peu de chance que le cinéma d’Abderramane Cissakho plaise au plus grand nombre, il sera vraisemblablement diffusé dans les instituts français situés dans plusieurs capitales francophones d’Afrique, il sera vu par un petit nombre, qui après visionnage, intellectualisera le message du film.Ces films dits africains ne correspondent pas à l’image que les africains se font d’eux-mêmes, ces gens pauvres, sales, la bouche sèche, les pieds poussiéreux, les congolais lorsqu’ils regardent un film, ils ont envie de se divertir, de rêver un peu, de se projeter, d’imaginer d’autres ailleurs.Je me souviens d’un copain, Cyprien, pas celui de youtube, non, nom pote de Brazzaville, Italien pour les intimes, fan de l’AC-MILAN devant l’éternel, et de la série 2B3 et oui, croyez le ou pas, Cyprien voulait ressembler à ces jeunes français, cools, toujours propres sur eux,  marqués de la tête aux pieds,entourés de jeunes et jolies françaises. Adel, Filip et Frank étaient ces héros d’ailleurs, ils n’avaient pas de super-pouvoirs, mais ils étaient cools, plutôt beaux gosses, n’y voyez pas là, une quelconque attirance pour les mâles qu’ils étaient, non, ils les admiraient, parce qu’ils ne lui renvoyaient pas l’image de son quotidien, Cyprien savait que c’était dur à Brazzaville, lui aussi comme de nombreux jeunes de Brazza, rêvaient de venir ici, à Guingamp, pas la ville en tant que telle, mais pour lui, Guingamp c’était la France, un concept, un idéal, il n’a jamais pu venir, il s’est résigné à vivre sa vie, là-bas, avec dans un coin de sa tête, une ambition qui sommeille tout au fond de lui, celle de venir à Guingamp, cette envie, lui a aussi été inspiré par 2B3, d’accord, ce n’était qu’un feuilleton  télévisé sans grand intérêt,  ce n’était pas du grand cinéma, ils n’avaient rien révolutionné, mais ils avaient fait rêver Cyprien, et ça c’était hautement respectable à mes yeux.Pour moi l’histoire de 2B3 est intimement liée à celle de Cyprien.Voilà ce que doit être le cinéma, quelque soit son support de diffusion, il doit donner envie, susciter des vocations, ce que ne parvient pas à faire le cinéma du réalisateur Tchadien ou Mauritanien Abderramane Cissakho, comme celui d’autres réalisateurs connus que dans le cercle très fermé des réalisateurs dits »africains », ceux qui sont présents au Festival Panafricain du Cinéma de Ougadougou au Burkina Faso, qui s’apparente plus à un marché du film africain à destination d’un public en mal d’Afrique, mais d’une Afrique telle qu’ils l’aiment, d’un cinéma africain tel qu’ils l’aiment, loin des réalités actuelles, loin des préoccupations des Tchadiens, des Mauritaniens, des Angolais, des Érythréens des Botswanais.

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